LE SITE WEB

Thomas Jacqueau
thj on|ine

www.stael.org sur la sellette

Mis en ligne le mercredi 1er octobre 2003.

[Cet article concerne la version précédente de www.stael.org.]

On trouve dans la dernière livraison du bulletin de la Société des études romantiques (Dix-neuvième siècle, n°35, juin 2002) un article de M. Andrew Oliver, intitulé : « Le XIXe et les recherches sur Internet. VI. Henri Benjamin Constant de Rebecque, Madame de Charrière et Madame de Staël » (p.174-178). La version électronique de ce texte peut être consultée ici.

Le site de la Société des études staëliennes, www.stael.org, est naturellement examiné. L’avis porté par l’auteur sur notre site est nettement négatif. En tant que créateur, responsable technique et principal animateur de www.stael.org, je tiens à répondre à M. Oliver. Si dans l’ensemble toutes ses remarques sont fondées, le ton employé est étonnant :

J’aimerais pouvoir en dire autant des pages consacrées à la femme qui domina l’existence de Constant pendant de nombreuses années. Malheureusement le site de la Société des études staëliennes, http://www.stael.org/index.php3, est bien en deçà de ce que l’on aurait pu espérer découvrir. Indépendamment d’une chronologie détaillée et d’un essai biographique, bien fait mais sans signature, peu de choses retiennent ici l’attention. Le design insolite et un peu vieillot n’est pas fait pour encourager une visite prolongée même si la bibliographie est bien garnie. En outre, contrairement au site consacré à Madame de Charrière, les pages ici sont longues à charger sur écran. On est déçu également par les hyperliens proposés : si l’on recherche des textes numérisés un seul site est proposé, http://www.cavi.univ-paris3.fr/phal... et là encore il s’agit non d’un texte numérisé mais d’un index, fort utile, certes, qui permet de faire des recherches lexicaux dans Corinne. Il est vrai que le site de la Société des études staëliennes est conçu comme un travail collectif auquel les amateurs de Madame de Staël sont invités à participer. On souhaiterait cependant qu’un des nombreux spécialistes de l’œuvre de cette femme remarquable prenne les choses en main et donne davantage de direction au développement du site.

Il semblerait que Madame de Staël n’ait pas encore attiré l’attention des vrais internautes car les renseignements à glaner sur cette adversaire de Napoléon sont assez maigres. Les lycéens auront un aperçu rapide grâce au site de l’Académie de Strasbourg (http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/...) et un enseignant de l’Arizona a mis en ligne une biographie beaucoup plus ample (http://www.asu.edu/clas/dll/fre/494...). On peut en outre faire une visite agréable au château de Coppet (http://www.swisscastles.ch/vaud/coppet/) et admirer la belle chambre de l’auteur de Corinne ainsi que celle de Madame Récamier. Toujours est-il que le seul site véritablement utile au chercheur est celui de la bibliothèque de Paris III (http://bucensier.univ-paris3.fr/Bib...) qui donne un excellent répertoire bibliographique. Il se complète par le catalogue des ressources du Centre d’études du XIXe Joseph Sablé de l’université de Toronto (http://www.chass.utoronto.ca/french...). De tels répertoires sont de véritables instruments de recherche d’une valeur inestimable car ils font gagner énormément de temps au chercheur. Ce sont pourtant des listes cataloguées, rien d’autre. Le moment viendra où de telles listes s’accompagneront d’hyperliens permettant d’accéder directement au document que l’on désire consulter. Ce sera là le paradis de la recherche. Malheureusement ce n’est pas pour demain.

Oui, le design du site est « insolite ». On a tout à fait le droit de ne pas l’aimer, mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un critère scientifique très pertinent pour juger de son contenu. Quant à la qualification péjorative de « vieillot », je suppose qu’elle s’applique à l’habillage de nos pages, qui fait une évidente référence à la typographie de la fin du XVIIIe siècle. Habituellement, ce clin d’œil de la page Web à ses lointaines ancêtres imprimées, quand il ne laisse pas nos visiteurs indifférents, les ferait plutôt sourire.

La lenteur de chargement des pages est sans doute un problème réel pour certains internautes équipés de matériels un peu anciens. C’est malheureusement le prix à payer pour pouvoir bénéficier d’une interface vieillotte ! car celle-ci fait intervenir un grand nombre de petits fichiers graphiques. Si cette lenteur est probable lors des premiers chargements, tous les habitués du site auront pu constater qu’elle devient toute relative à mesure que les éléments graphiques ont déjà été chargés sur leur machine.

Les seuls éléments qui trouvent grâce aux yeux de M. Oliver sont la chronologie, l’essai biographique « bien fait mais sans signature », et la bibliographie « bien garnie ». La page biographique a été rédigée par Simone Balayé, qui avait jugé inutile d’appliquer son paraphe au bas d’un texte somme toute utilitaire. M. Oliver aurait pu remarquer que la bibliographie peut être directement enrichie par les internautes, et qu’elle est mise en ligne sous forme de base de données interrogeable selon différents critères de recherche (auteur, titre, date, etc.), ce qui la distingue de ces interminables listes de références dans lesquelles on a bien souvent du mal à se retrouver.

Enfin, la pauvreté des hyperliens proposés, si elle est bien réelle, est présentée comme une grave carence de www.stael.org. Je me plais à remarquer que M. Oliver lui-même a pu constater que les ressources électroniques autour de Madame de Staël ne sont pas légion. Il m’indiquera donc comment recenser des sites qui n’existent pas... Notons en passant certain détail qui a échappé à notre auteur : la biographie « beaucoup plus ample » mise en ligne par un enseignant de l’Arizona est mot pour mot celle que l’on trouve sur www.stael.org.

Plus sérieusement, le site de la Société des études staëliennes est, effectivement, « conçu comme un travail collectif auquel les amateurs de Madame de Staël sont invités à participer ». Il n’est que la manifestation sur le Web de l’existence d’une Société savante, dont les moyens sont nécessairement limités, et dont l’activité est toujours le résultat du bénévolat. La richesse de son contenu dépend entièrement de la bonne volonté des uns et des autres. Si www.stael.org était le site Web d’une institution qui rémunère ses personnels, et aurait dès lors une sorte d’obligation de service, de telles critiques seraient sans doute fondées. En l’espèce, elles ne peuvent être que déplacées.

D’autant qu’en terme de contenu à proprement parler, je n’ai pas le sentiment que la quantité d’information présente sur www.stael.org soit d’une faiblesse particulièrement préoccupante. Il a apparemment échappé à M. Oliver que l’intérêt premier de notre site est de présenter toutes sortes de nouvelles relatives à l’actualité de la Société et à la recherche concernant Madame de Staël et le Groupe de Coppet. Avant d’être un site de référence et de contenu spécialisé autour de Madame de Staël (ce qui demanderait du temps et des moyens dont nous ne disposons pas, sans quoi la « prise en main » éditoriale qu’appelle de ses vœux M. Oliver aurait déjà eu lieu), www.stael.org est le site de la Société des études staëliennes, un outil d’échanges et de communication pour ses membres, ses amis, et tous ceux qui s’intéressent à Madame de Staël.


 
 
    
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