Accueil du site > Manifestations scientifiques > Journées de Coppet > 2001, Le Groupe de Coppet, famille et sentiment familial

2001, Le Groupe de Coppet, famille et sentiment familial

dimanche 29 mai 2011, par admin

Le Groupe de Coppet : Famille et sentiment familial

Compte rendu de la Journée de Coppet du 9 septembre 2001

Sous un beau soleil tout à fait estival, un très nombreux public s’est rassemblé pour entendre les contributions au thème de la journée : « Le Groupe de Coppet : famille et sentiment familial ».

La séance du matin, placée sous la présidence de Martine de Rougemont, s’est malheureusement déroulée en l’absence de Jean-Denis Bredin, souffrant. Le comte d’Haussonville a brillamment ouvert les débats par une communication alerte, dosant savamment l’humour et l’érudition, sur Auguste de Staël et sa famille. Il a mis en valeur de façon très convaincante celui qui, bien que sur-nommé « Pataud », fit souvent la preuve de ses talents et d’une vraie force de caractère. Anticipant malicieusement sur la communication de Catriona Seth, il a étudié les « pères réels » et les « pères d’élection » de ce jeune homme précoce, mort trop tôt pour donner toute sa mesure, ainsi que ses rapports complexes à une mère à la fois pleine de tendresse et terriblement exigeante.

Paul Delbouille a pris la suite, pour nous entraîner dans les dédales du dernier procès de Juste Constant (1811-1812), dont les développements sont révélateurs de la manière dont Benjamin assume un certain esprit de famille. Bien qu’hostile à sa belle-mère, Marianne, dont l’arrivée fut ressentie comme une véritable mésalliance, il ne s’éloigne pas plus de son père à l’occasion de cette énième dispute financière. Comme toujours, il se montre indécis et laisse l’affaire en suspens jusqu’à la mort de Juste. Aux enfants de Marianne, il versera régulièrement une rente.

La matinée s’est achevée sur la présentation, par le professeur Philippe Braillart, du « Forum de Coppet », créé à l’instigation, notamment, de l’Institut européen de l’Université de Genève fondé en 1963 par Denis de Rougemont. Le thème de notre journée trouvait ici un écho émouvant dans la présence, à la même table, de la fille de ce grand artisan de l’idée européenne. Le Forum, qui a choisi de s’im-planter dans ce lieu très symbolique qu’est le château de Coppet, se propose en particulier de remettre tous les deux ans un prix à toute institution ou œuvre illustrant, d’une manière ou d’une autre, « l’esprit de Coppet », en tant qu’il fut le promoteur des valeurs sur lesquelles repose la conscience européenne moderne : libéralisme politique, sens de l’éthique, affirmation des diversités culturelles. M. Braillart a justement insisté sur le caractère non systématique d’un groupe qui se méfiait des doctrines toutes faites et reposait d’abord, comme l’a montré Simone Balayé - à laquelle est rendu un hommage appuyé - sur la « conscience d’une mission commune ». Cette présentation n’oublie pas de dire ce que doit l’initiative du Forum aux travaux de la Société des études staëliennes et de l’Association Benjamin Constant, en particulier aux colloques de Coppet, qui exis-tent depuis 1966, ainsi qu’au colloque « Coppet, creuset de l’esprit libéral », tenu dans ces mêmes murs grâce à Lucien Jaume et Françoise Mélonio et avait bien illustré ce que tenait à souligner M. Braillart : Coppet a trouvé à se prolonger dans la politique moderne.

Après un repas délicieux et très amical, qui a réuni près de quatre-vingts personnes, la séance de l’après-midi, placée sous la présidence de François Rosset, fut consacrée au thème de la maternité dans l’œuvre staëlienne.Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval explora les figures maternelles du « théâtre des familles » de Madame de Staël (Agar, Geneviève de Brabant,La Sunnamite) et montra que l’originalité de traitement tient, dans ces œuvres, à l’insistance sur un échange fort et sensuel entre la mère « amie » et son enfant. La mère reste cependant, dans l’ensemble du théâtre de Madame de Staël, une figure com-plexe, qui a du mal à concilier tous ses rôles de femme.

Catriona Seth se pencha pour sa part sur les romans, pour établir une intéressante typologie des relations maternelles dans Corinne et Delphine. Les mères « réelles » sont toujours d’une grande importance pour l’intrigue, en particulier dans l’activité qu’elles déploient pour marier leurs filles. Les mères d’« élection » - Corinne pour Juliette, Madame de Vernon pour Delphine, par exemple - sont bien différentes ; elles peuvent, entre autres, développer des comportements altruistes au mépris de leur propre bonheur.

Le dernier mot de cette riche journée revint à M. d’Haussonville, qui, avant de convier le public à la traditionnelle verrée dans la bibliothèque, se réjouit de l’incontestable succès de cette manifestation et affirma son désir de réitérer l’expérience l’an prochain. Le Colloque de Coppet ayant, exceptionnellement, lieu au printemps et à Florence, on peut, en effet, envisager de le faire suivre d’une Journée de Coppet en septembre. Si elle doit être aussi agréable que celle-ci, il n’y a aucune raison de s’en priver !

 
Accueil | Actualités | Société | Qui est Madame de Stäel ? | Cahiers Stäeliens | Oeuvres complètes | Correspondance | Manifestations scientifiques | Ressources documentaires |
Liens | Nous contacter | Devenir membre | SPIP | | Plan du site | Mentions légales | Crédits | Suivre la vie du site RSS 2.0